Amorcée depuis 2020, la hausse du prix de cession des officines s’inscrit comme une tendance durable sur le marché français. En 2021, le nombre de pharmacies (ventes et associations) ayant fait l’objet d’une transaction a atteint un niveau record avec 1600 cessions enregistrées contre 1503 en 2020. Cette progression notable s’explique en partie par la volonté de plus en plus prononcée des pharmaciens en activité de prendre leur retraite. Pour certains, la crise sanitaire a précipité cette décision en raison d’un rythme de travail qui s’est considérablement accéléré. In fine, le vieillissement tendanciel de la population officinale continue de soutenir le marché des ventes de fonds de commerce d’officines, en particulier dans les grosses pharmacies où les cessions de parts entre associés sont de plus en plus nombreuses.
Un seuil de rentabilité en progression depuis la crise sanitaire
En revanche, la montée en puissance du rôle des pharmacies se révèle un critère de choix décisif pour convaincre les jeunes diplômés et/ou les premiers adjoints d’acquérir un fonds de commerce d’une officine. En première ligne depuis le début de la pandémie, le contexte a particulièrement été favorable aux officines rurales et aux pharmacies de quartier qui ont bénéficié d’un afflux de visiteurs. Solidement ancrées sur leurs territoires, les pharmacies s’inscrivent plus que jamais comme des commerces de proximité incontournables. Les nouvelles missions qui leur ont été attribuées depuis le Covid (vaccination, prévention, dépistage) ont renforcé l’attractivité de ces établissements auprès du grand public tout en nourrissant des vocations professionnelles. Fortes de ces nouvelles prestations rémunératrices (notamment sur les tests), les officines françaises affichent un seuil de rentabilité de 6 %, soit une marge brute globale de 32 %. Des performances financières notables qui séduisent les acquéreurs, lesquels espèrent que ces nouvelles missions vont être amenées à prendre davantage d’ampleur dans la composition du chiffre d’affaires des officines au cours des années à venir.
Résultat, le prix moyen des officines qui ont été cédées en 2021 a bondi de 3 % en un an, pour atteindre une valeur moyenne de1,6 million d’euros. Désormais, la valeur d’un fonds de commerce d’une officine atteint 79 % du chiffre d’affaires HT. Cette hausse du prix de cession des officines s’est accélérée à la fin de l’année, notamment sur les secteurs géographiques qui drainent un important flux de nouveaux habitants aspirant à un cadre de vie plus sain. A ce titre, les pharmacies situées en Bretagne, en Normandie et dans les Pays de la Loire ont fait l’objet des meilleures valorisations. D’une manière générale, un quart des officines sont valorisées à hauteur d’au moins 7,5 fois leur excédent brut d’exploitation. Cet indicateur fluctuant grandement en fonction de la taille des officines, l’écart n’a de cesse de se creuser entre les petites et les grandes pharmacies.
Sur l’année écoulée, le profil type des acquéreurs s’oriente vers de jeunes pharmaciens trentenaires qui concrétisent leur première installation.Pour financer cette opération, certains propriétaires ont pu compter sur l’appui financier de pharmaciens investisseurs qui n’hésitent pas à puiser dans leur trésorerie disponible pour soutenir les jeunes titulaires.
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