Faisant fi des incertitudes liées au contexte sanitaire et à la guerre en Ukraine, l’année 2022 s’annonce particulièrement prometteuse pour le secteur touristique français. Après deux exercices compliqués marqués par un climat anxiogène peu propice à susciter des envies d’évasion, les professionnels français du tourisme retrouvent une activité proche de celle de 2019. Des réservations de croisières qui atteignent leur plus haut niveau au trafic aérien qui bat son plein, les signes tangibles annonciateurs d'une reprise pérenne du tourisme se multiplient. Depuis le début de l’année 2022, le secteur affiche des performances quasiment similaires à celles observées avant la crise du Covid. Un retour à la normale porté par les vacanciers français et le retour de la clientèle étrangère. En février, les dépenses des touristes étrangers s’élevaient à 2,7 milliards d’euros, en hausse de 1,5 milliard par rapport à l’année dernière. Une performance d’autant plus notable que la clientèle asiatique et russe se fait encore rare !
Cet été, diverses prévisions laissent augurer un ciel clément pour les professionnels de l’hôtellerie de plein air. Selon les données communiquées fin avril 2022 par Jean-Baptiste Lemoyne, alors ministre chargé du Tourisme, la saison estivale s’annonce des plus prometteuses avec 24 % de réservations supplémentaires par rapport à celles de 2019 et un chiffre d’affaires prévisionnel supérieur à 30 %. Des projections optimistes tenant compte de l’afflux programmé de touristes américains, belges, italiens ou espagnols qui font de la France leur première destination étrangère. Un plébiscite qui booste l’excédent « services de voyage », indicateur mesuré par la Banque de France qui prend en compte les revenus générés par le tourisme d’affaires et de loisir. Au premier trimestre 2022, celui-ci se situait autour de 7,6 milliards d’euros, contre 3 milliards en juin 2021.
Le marché domestique n'est pas en reste, dans la lignée d’une année 2021 au cours de laquelle 60 % des Français avaient privilégié leur pays de résidence comme destination de vacances. Une tendance qui s’inscrit dans la durée puisque la plupart des professionnels enregistrent un taux de réservation issu de la clientèle française semblable à celui de 2019 pour la prochaine saison estivale. Les destinations situées à proximité des littoraux concentrent la moitié des demandes, suivies des territoires ruraux et montagnards qui ont gagné en popularité depuis 2020. Enfin, les séjours en itinérance s’inscrivent comme une tendance en vogue, notamment auprès des personnes souhaitant parcourir un territoire avec un mode de déplacement doux. 22 % des Français envisagent ce mode de vacances pour cet été. Enfin, 2022 devrait également être l’année où le tourisme durable va prendre de l’ampleur. Selon un sondage Opinionway, 53 % des sondés assurent que les critères liés au développement durable les influencent dans leurs choix en matière de destination et d’hébergement touristiques.
Si la saison d’été s’annonce exceptionnelle, nombre de professionnels du tourisme nourrissent quelques doutes, en raison de l’inflation amenée à impacter les coûts de fonctionnement et le revenu disponible des touristes. Las, le manque récurrent de main-d’œuvre et les difficultés pour recruter des saisonniers soulèvent également des appréhensions. De fait, on estime à 150.000 le besoin de personnel pour l'ensemble de la filière.
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