Restauration rapide : une dynamique de marché toujours plus flamboyante


Restauration rapide : une dynamique de marché toujours plus flamboyante

Article publié le : 15/04/2023

En cette période d’incertitudes et de tensions inflationnistes, rares sont les secteurs qui peuvent s'enorgueillir d’une croissance à deux chiffres. Qu’importe qu’elle soit copiée, critiquée ou jalousée, la restauration rapide affiche une santé éclatante. Selon une étude publiée par la société CHD Expert Datassential, le chiffre d’affaires dégagé par le secteur a franchi la barre des 23,4 milliards d’euros en 2022. Une performance notable qui, en comparaison des résultats obtenus en 2021, laisse entrevoir une hausse spectaculaire de l’activité de plus de 26 %! Mieux, le résultat obtenu en 2022 surpasse de 19 % le volume d’affaires observé avant la crise sanitaire.

Plus que jamais, la restauration rapide nourrit son lot de projets entrepreneuriaux. Établi à 51 500 en 2022, le nombre de points de vente a progressé de 17 % par rapport à 2019. En trois ans, pas moins de 7500 établissements proposant de la restauration rapide ont été inaugurés en France, soit une moyenne de 7 par jour. Une prouesse d’autant plus notable que les multiples contraintes imposées par la crise sanitaire couplées aux vicissitudes du contexte économique ont fragilisé de nombreux secteurs. Le succès de la restauration rapide repose en grande partie sur son positionnement alliant qualité et prix maîtrisés. Contraints de multiplier les arbitrages budgétaires, nombreux sont les ménages qui entendent se faire plaisir au restaurant sans avoir à débourser trop d’argent. Résultat, les Français fréquentent davantage les établissements spécialisés dans la restauration rapide sans regarder à la dépense. En deux ans, le ticket moyen par personne est passé de 10,70 euros à 11,70 euros, soit une hausse de plus de 9%.

Si le secteur affiche une dynamique d’ensemble, de grandes disparités subsistent selon le positionnement du commerce ou le type de nourriture proposé à la vente. Un temps porté par la renommée de leurs gérants, les enseignes de restauration rapide ne font plus recette. Avec un ticket moyen de 25 €, ces offres de fast-food premium souffrent d’un déficit d’attractivité qui devrait s’accentuer avec l’inflation. Cette désaffection du public touche également les kebabs du coin ou encore les restaurants de tacos indépendants qui peinent à se renouveler pour endiguer la baisse de la fréquentation.

A contrario, les boulangeries tirent particulièrement leur épingle du jeu et s’imposent comme des acteurs incontournables pour la pause déjeuner. Jusqu’alors préemptée par les enseignes d’envergure nationale comme Paul et Brioche Dorée, la vente de sandwichs et autres repas express du midi fait désormais l’objet d’une féroce concurrence entre acteurs qui jouent la carte de la fraîcheur, de la qualité et du “manger sain” pour capter des parts de marché. Enfin, les restaurants proposant de la street food rencontrent un succès probant. Du burger premium à la cuisine mexicaine en passant par les woks, ces concepts répondent aux attentes d’un public en quête de dépaysement et de saveurs exotiques. Plus que jamais, le salut des restaurateurs passe par leur capacité à s'adapter aux nouvelles tendances de consommation, notamment en proposant des recettes végétariennes, véganes et durables. Désormais, la durabilité et la responsabilité sociale apparaissent comme des critères de choix de plus en plus importants aux yeux des consommateurs.