Réparation de voitures : un secteur d’activité en mutation


Réparation de voitures : un secteur d’activité en mutation

Article publié le : 13/12/2022

Pour les professionnels spécialisés dans la réparation automobile, les années post-Covid s’apparentent à un long chemin sinueux. Après avoir subi un recul de 8 % en 2020, l’activité des ateliers est fortement repartie à la hausse l’année dernière avec une croissance de 12,9 %. Un boost notable qui s’explique par un mois de décembre record.

Depuis, la dynamique reste positive en dépit des aléas du contexte économique et géopolitique qui complexifient les conditions d’exercice de la profession. Selon le baromètre publié par l’organisation professionnelle Mobilians, tous les voyants sont au vert depuis le mois de janvier 2022. Sur les six premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires de la mécanique a augmenté de 5,4 % en un an pour atteindre un volume de 319,3 millions d’euros. Un résultat qui s’explique essentiellement par l’explosion du coût des pièces mécaniques. Selon une étude réalisée par idGarages.com portant sur les prix catalogue de 300 000 pièces, une hausse moyenne des tarifs de 10 % est observée depuis le début de l’année, contre 2,2 % en 2021.

Dans ce contexte inflationniste, les garagistes doivent composer avec un environnement concurrentiel féroce en vue de séduire une clientèle soucieuse de réaliser des économies sur la réparation de tout véhicule. En parallèle, la démocratisation des véhicules électriques accélère la mutation forcée d’un secteur en quête de leviers de croissance complémentaires.

 

Une activité de plus en plus diversifiée

Traditionnellement, le business model des réparateurs de voitures s’articule autour de trois piliers : la mécanique, les stations de lavage ou encore les stations essence. Jusqu’alors marginale, la vente de véhicules d’occasion est désormais considérée comme un axe de développement majeur pour de nombreux garagistes. Une ligne de conduite que poursuit l’enseigne Point S qui souhaite devenir un acteur d’envergure sur le marché de la seconde main. En partenariat d'approvisionnement avec Starterre, Point S commercialise dans certains points de vente des véhicules neufs et d'occasion tout en offrant des prestations typiques d’une concession (garantie, reprise, financement, gestion de l’immatriculation). Une fois le concept éprouvé, l’enseigne entend la déployer sur 200 de ses 624 centres français d’ici 2025. Pour Point S, le nerf de la guerre sera de proposer une offre étendue de véhicules de seconde main de toutes marques alors que de plus de plus de ventes se font de particulier à particulier.

D’autres grandes enseignes de l’automobile diversifient leurs activités en se tournant vers les mobilités plus douces. En mars 2022, Midas a ainsi inauguré à Lille son premier "Cycloo", un atelier entièrement équipé pour réparer tous types de cycles, avec ou sans assistance électrique. Convaincu du potentiel de développement d’un marché encore peu structuré, Midas se propose d’effectuer une partie des opérations principales de maintenance sur les cycles. En complément, des pièces détachées et des consommables sont disponibles à la vente. À terme, Midas prévoit d’ouvrir plusieurs dizaines d’ateliers de ce type en France dans les mois à venir.