Si les pharmacies ont joué un rôle clé en plein cœur de la crise sanitaire en distribuant des masques au personnel soignant, les 21 000 officines françaises ont malgré tout connu un printemps rude. Quand bien même ces établissements sont restés ouverts pendant le confinement, leur activité s’est fortement dégradée entre mars et avril. En cause, une chute vertigineuse des ventes qui résulte de la désaffection des cabinets médicaux. Selon les données fournies par Resopharma, le nombre de télétransmissions hebdomadaires est passé de 10,7 millions mi-mars à 7,5 millions fin avril.
Un coup dur pour la profession qui a enregistré une baisse moyenne de son activité évaluée à 20 % selon la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France. Las, le premier syndicat de la profession révèle par la même que 10 % des officines ont subi une baisse d’activité supérieure à 30 % sur les deux derniers mois. Si les pharmacies et les officines de quartier ont pu s’appuyer sur un socle de clients fidèles pour atténuer les effets de la crise, les pharmacies situées dans les galeries commerciales et les centres d’affaires ont massivement été désertées. Avec le déconfinement, la profession espère que les Français fréquenteront de nouveau les pharmacies, d’autant que les cabinets paramédicaux rouvrent progressivement leurs portes. Pour renouer avec une croissance pérenne, les officines repensent leurs méthodes de travail.
Le déploiement de circuits de distribution alternatifs
Dans le contexte sanitaire actuel, la capacité des pharmacies à générer de l’activité est étroitement liée à la qualité des services proposés. À l’heure où une partie des Français se montrent encore récalcitrants à l’idée de fréquenter des lieux publics, les professionnels du secteur multiplient les initiatives pour garder leur clientèle. Certaines officines expérimentent ainsi le portage de médicaments à domicile, le renouvellement d’ordonnances ou encore le click and collect.
Autant de nouvelles pratiques susceptibles de se démocratiser à l’avenir avec le déploiement des outils digitaux et la montée en puissance des enseignes. Ainsi, tous les adhérents du réseau de pharmacies Pharmabest ont mis en place le click and collect. Depuis mi-mars, ce mode de distribution représente plus de 30 % du chiffre d’affaires de certaines pharmacies du groupement. Soucieuses de sécuriser leurs approvisionnements et de servir au mieux les patients, les pharmacies ont tendance à se regrouper. Depuis la crise sanitaire, la restructuration du paysage pharmaceutique est amenée à évoluer sous l’impulsion des 27 groupements de pharmacies recensés en France.
Ces enseignes nationales séduisent un nombre croissant d’adhérents car elles proposent une importante panoplie de services et d’outils digitaux innovants. Par ailleurs, ces réseaux se forgent progressivement une solide renommée, portée par une communication digitale efficace. Pour se différencier de la concurrence, certains groupements se spécialisent dans le low-cost ou la distribution de produits bio tandis que d’autres enseignes misent sur des officines de grande taille pour répondre aux attentes des Français. Pour les professionnels du secteur, tout l’enjeu est d’anticiper les changements de comportements des ménages pour adopter une méthode de travail efficace et rentable.
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