Les zones de turbulences observées les premiers mois de la crise sanitaire étant oubliées, l’activité des officines pharmaceutiques surfe depuis le début de l’année sur une dynamique positive. Selon une étude menée par les experts-comptables du réseau CGP (Conseil Gestion Pharmacie), le chiffre d’affaires global du secteur a progressé de 14 % sur les cinq premiers mois de l’année 2021 par rapport à 2020 et de plus de 5 % par rapport à 2019.
Si l’ensemble de la profession bénéficie d’un afflux de visiteurs, la crise sanitaire a rebattu les cartes, créant des disparités selon la localisation des officines. Les pharmacies situées dans les zones commerciales enregistrent en 2021 une croissance plus importante (+3,13%) que celle des pharmacies rurales (+2,16%), types d’établissements ayant le mieux performé en 2020 (+4%). Si le chiffre d’affaires moyen d’une pharmacie française se situe autour de1,3 million d’euros, certaines officines tirent leur épingle du jeu avec un chiffre d’affaires dépassant les 2,5 millions d’euros. L’implantation, la zone de chalandise et les spécificités de la clientèle sont autant de critères clés qui influent sur la capacité de l’activité officinale pharmaceutique à réaliser des bénéfices, notamment sur la vente de produits de parapharmacie. Suivant l’intensité de l’environnement concurrentiel, une pharmacie peut commercialiser certains de ses articles 3 à 4 fois plus cher, générant de facto une marge plus importante. Dans ce contexte, l’étoffement de la gamme de produits proposés en libre-service devient un axe de développement stratégique pour les officines. A cette fin, les pharmaciens tendent à se regrouper au sein de centrales d’achat pour prétendre à de meilleures conditions tarifaires et d’approvisionnement tout en bénéficiant de nouvelles prestations. En parallèle, la capacité d’un pharmacien à correspondre aux attentes de sa clientèle tout en ajustant son activité pour répondre aux défis de la digitalisation de son métier est la clé de voûte du succès.
Les défis soulevés par l’émergence de l’e-pharmacie
Que les pharmacies soient situées en zone rurale ou en plein centre-ville, les attentes de leurs clients se recentrent autour de la qualité des échanges et des conseils prodigués. Tout l’enjeu est d’établir une relation de confiance personnalisée pour fidéliser leur clientèle, tout en étoffant leur offre de services pour séduire le plus grand nombre. A ce titre, le développement de l’e-phamarcie est un sujet qui divise la profession, partagée entre les professionnels qui considèrent le digital comme un relais de croissance incontournable et les autres qui demeurent très attachés au contact physique avec leurs clients. Très réglementée (seuls les pharmaciens peuvent vendre via Internet des médicaments sans ordonnance), la vente de médicaments en ligne rencontre pour l’heure un faible écho auprès du grand public. Selon une enquête menée en 2019 par Harris Interactive, 36 % des personnes interrogées ont déjà sollicité des sites e-commerces pour se fournir en médicaments, tandis que les autres (64%) n’en ressentent pas le besoin, même à l’avenir. Pour ces dernières personnes, la spécificité du domaine de la santé, la volonté d’échanger avec un professionnel et les délais d’acheminement des médicaments sont des critères rédhibitoires, surtout en cas d’urgence. En revanche, les adeptes de l’e-pharmacie trouvent en ce mode de distribution deux avantages : la confidentialité et la possibilité de consulter et de comparer à leur guise les médicaments proposés à la vente. Pour autant, les officines peuvent s’appuyer sur leur expertise et leur image de marque pour gagner rapidement des parts de marché sur le digital au détriment des pure players qui se lancent sur le marché de l’e-pharmacie avec comme principal objectif de conquérir la confiance des usagers.
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