À l’heure où les préoccupations environnementales et économiques redessinent les contours de la consommation, la friperie s’impose comme un pilier du marché textile français. En 2025, la mode de seconde main confirme sa trajectoire ascendante. Si le vêtement d’occasion a longtemps été cantonné à des circuits alternatifs, il est désormais solidement ancré dans les pratiques de consommation courantes. Selon une enquête réalisée par le cabinet Deloitte, près de 80 % des Français ont déjà eu recours à l’achat de vêtements de seconde main. Une demande exponentielle qui bouscule les codes du marché français du prêt-à-porter.
Plus que jamais, la plateforme d’origine lituanienne Vinted s’affirme comme le chef de file de cette révolution. Selon le dernier baromètre de l’Institut français de la mode (IFM), Vinted occupe désormais le rang de premier distributeur de vêtements en volume dans l’Hexagone, devançant les mastodontes Amazon et Shein. Au-delà de leurs politiques tarifaires très compétitives, les acteurs de la seconde main affichent des promesses de marque en phase avec les attentes sociétales tournées vers un achat plus responsable et raisonné. Une tendance de marché amenée à prendre de l’ampleur! Estimé à 15,9 milliards d’euros en 2024, le volume d’affaires généré par le marché textile européen de la seconde main devrait dépasser la barre des 26 milliards d'ici 2030, soit une progression annuelle moyenne de 8,5 % selon une étude réalisée par la Fédération de la mode circulaire (FMC). Représentant 25 % de parts de ce marché, la France fait figure de bonne élève en matière de réemploi textile.
Des acteurs pluriels et des modèles en mutation
Le marché des friperies en France se distingue par la variété de ses acteurs, reflet de la pluralité des approches. Si le secteur est désormais préempté par les plateformes numériques qui ont bouleversé la donne ces dernières années, les acteurs traditionnels conservent un rôle clé. Piliers historiques, les friperies solidaires telles qu’Emmaüs, Le Relais ou encore La Croix-Rouge combinent insertion sociale et réemploi textile pour nourrir un capital sympathie indéfectible auprès des ménages. De leur côté, les friperies indépendantes multiplient les initiatives et affinent leurs propositions de valeur pour se réinventer et pérenniser leur activité. Une stratégie qui passe d’abord par un positionnement clair : certaines misent sur le luxe, d’autres sur le vintage, le streetwear ou encore les articles de marques à petit prix. En parallèle, ces commerces enrichissent leurs offres de services en proposant des prestations de location ou d'upcycling dans une logique circulaire et écologique. L’expérience client devient un facteur clé. La scénographie des boutiques, la qualité du conseil, l’ambiance ou encore les animations ponctuelles contribuent à créer un lien fort avec les consommateurs. À l’heure du digital, la visibilité passe aussi par une présence active sur les réseaux sociaux et un site e- commerce fonctionnel pour répondre aux attentes des consommateurs.
Pour le marché de la seconde main textile, la structuration de l’offre et la professionnalisation des pratiques sont autant d’enjeux clés pour satisfaire à une demande croissante. De facto, la gestion des flux logistiques et l’approvisionnement en vêtements de qualité deviennent les nerfs de la guerre. Toutes les friperies ne disposent pas des ressources nécessaires pour trier, nettoyer, valoriser et proposer des produits attractifs dans un environnement concurrentiel. Par ailleurs, la transparence est également au cœur des enjeux avec des consommateurs plus informés, qui attendent des garanties sur l’origine, la composition et l’entretien des vêtements achetés. Plus que jamais, le storytelling, l’éthique et la traçabilité vont s’imposer comme des leviers de confiance inébranlables pour gagner en crédibilité.
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