Le marché de la réparation automobile à la croisée des chemins


Le marché de la réparation automobile à la croisée des chemins

Article publié le : 26/11/2023

Après avoir subi une contraction de son activité en 2020, le marché français de l’entretien-réparation automobile renoue avec une dynamique plus positive. Dans un contexte d’incertitudes économiques qui incite les ménages à multiplier les arbitrages budgétaires, l’entretien de leur véhicule personnel reste un poste de dépense important. Si le report de certaines réparations prend de l’ampleur (principalement les remises en état d’un élément de carrosserie ou de confort), les automobilistes ne peuvent faire l’impasse sur les opérations d’entretien indispensables au bon fonctionnement de leurs véhicules.

Selon une étude publiée par l’institut Xerfi, l’activité des professionnels du secteur a augmenté de 4,5 % en 2022. Une dynamique qui se confirme depuis le début de l’année. Selon le dernier baromètre Mobilans - Solware, l’activité des ateliers de mécanique et de carrosserie est en croissance de 4,1 % sur le premier trimestre 2023. De prime abord satisfaisante, cette progression est essentiellement tirée par l’inflation avec des prix d’achat des pièces de rechange et des pneus qui s’envolent (+6% en 2022). Dans le même temps, les carrossiers et les garagistes ont dû également répercuter dans leurs tarifs les hausses de salaires consenties pour recruter ou fidéliser leur personnel. Dans ce contexte inflationniste et à l’heure où le marché des voitures d’occasion fait grise mine, Xerfi table sur un potentiel de croissance limité pour le marché de la réparation. D’ici à 2025, le chiffre d’affaires des professionnels de l’entretien automobile devrait progresser de 4 % par an.

 

Composer avec les mutations du parc automobile

De nombreux défis attendent les professionnels de l’entretien-réparation automobile à l’heure où le marché amorce une mutation à marche forcée. En vue de consolider les marges dégagées de la vente de pièces mécaniques et d’équipement, l’usage de pièces de réemploi tend à se généraliser dans les ateliers. Une tendance qui devrait s’accentuer dans les années à venir en raison de la pénurie de certaines pièces et composants neufs, de leurs hausses de prix et du vieillissement du parc automobile. En parallèle, la forte progression des immatriculations de véhicules hybrides et

100 % électriques (près de 42 % des ventes de véhicules légers particuliers neufs en 2022) incite les garagistes à enrichir leurs offres de service. Désormais, l’entretien des voitures neuves requiert un haut niveau de technicité et des équipements de pointe pour déceler l’origine des pannes. Pour répondre à l’évolution du marché, les garagistes n’ont d’autre choix que d’investir dans du matériel de haute facture et de financer la formation de leurs salariés.

Dans ce contexte, les enseignes spécialisées s’imposent comme des acteurs incontournables qui structurent le marché. Marqueurs forts de ce développement, Speedy vise la barre des 700 centres en France d’ici 2025 et Point S ambitionne 10 000 points de vente dans 100 pays sur ce même horizon. Pour ce faire, la clé du succès passe par la diversification des services et des prestations proposées de telle sorte que ces enseignes puissent s’inscrire à terme comme des multi-spécialistes de l’entretien et de la réparation de tous les moyens de transports individuels.