Fort d’un chiffre d’affaires annuel estimé à plus de 6 milliards d’euros, le secteur de la coiffure fait preuve d’une belle résilience à l’heure où le contexte inflationniste rogne sur le pouvoir d’achat des ménages français. Après avoir bénéficié d’une année 2022 particulièrement dynamique avec une croissance de 6 % du chiffre d’affaires (soit une hausse de 146,4 millions d’euros), 2023 s’est révélée moins porteuse pour les professionnels de la coiffure. Selon des projections réalisées par le cabinet d’études Xerfi, la croissance de l’activité du marché de la coiffure sur l’année écoulée devrait s’élever à 3 %, puis reculer à 2 % en 2024. Confrontés à une baisse sensible de leur pouvoir d’achat, les ménages multiplient les arbitrages budgétaires au détriment des dépenses de loisir et de bien-être. Inflation oblige, les consommateurs tendent à espacer les visites dans les salons, à privilégier les prestations les moins onéreuses ou encore à effectuer eux-mêmes leurs coupes de cheveux.
Dans ce contexte, les coiffeurs n’ont d’autre choix que de revoir à la hausse leurs grilles tarifaires. Selon l’étude menée par Xerfi, les tarifs moyens des prestations de coiffure ont augmenté de 3 % sur l’année écoulée, soit deux fois moins que le coût de l’inflation observé sur les douze derniers mois. Confrontés à une sévère concurrence (100 000 salons sont actuellement recensés contre 80 000 en 2014), les coiffeurs ne peuvent se permettre de répercuter l’intégralité des surcoûts de certains postes de dépense induits par le contexte inflationniste (salaire, loyer, énergie) sur leur grille de tarifs, diminuant de facto la productivité de leur activité. Xerfi prévoit ainsi que le taux de rentabilité brute du panel de salons étudié devrait plafonner à 1,6 % du chiffre d’affaires cette année contre 4,9 % en 2021.
Grandir par la croissance externe et la diversification des prestations
Si l'activité de la coiffure ralentit, elle n’en demeure pas moins dynamique sous l’impulsion des mastodontes du secteur qui multiplient les opérations de croissance externe en vue de consolider leurs positions en France et à l'international. Avec l’acquisition des 109 salons de Lafayette Coiffure (Shampoo, Michel Dervyn et Le Barbier) en 2022, le groupe niçois Pascal Coste a ainsi intégré le top 3 des leaders du marché avec son réseau de 350 salons de coiffure. Dans la même veine, le rachat du groupe Dessange par le gestionnaire d’actifs ICG officialisé l’été dernier devrait donner un second souffle à l’entité qui était dans le statu quo suite au décès de Jacques Dessange en 2020.
Du côté des salons de coiffure indépendants, tout l’enjeu est de répondre aux demandes des consommateurs en proposant une excellente maîtrise des techniques de coupe de cheveux et de soins capillaires magnifiée par des équipements de haute qualité. En dehors des prestations classiques comme la coupe, le brushing, le lissage, le bouclage et la coloration, les coiffeurs élargissent leurs offres de services en s'ouvrant notamment sur la pose d’extension de mèches, la création de bars à sourcils ou encore sur des animations Do It Yourself pour transmettre au public les bonnes pratiques à adopter au quotidien. Enfin, la clientèle masculine se révèle un levier de croissance incontournable eu égard au succès des prestations de coupe et d’entretien de la barbe. A l’image du réseau La Barbe de Papa qui ambitionne d’ouvrir une quinzaine de nouveaux salons chaque année, les barbiers connaissent une croissance annuelle soutenue évaluée à plus de 6 %
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