Plus que jamais, les produits locaux sains et moins standardisés ont le vent en poupe auprès des consommateurs français. Boosté par le savoir-faire de brasseurs locaux passionnés qui remodèlent le secteur, le marché de la brasserie française surfe sur une dynamique positive depuis quelques années. Longtemps cataloguée comme une boisson populaire bon marché, la bière s’offre aujourd’hui une seconde jeunesse. Selon une enquête publiée par l’institut d’études Xerfi, les ventes de bières artisanales représentaient plus de 300 millions d’euros en 2018, soit 5 % du volume total des ventes. Le marché français est en plein essor et laisse entrevoir d’intéressantes perspectives de développement. En effet, Xerfi estime que les ventes de bières artisanales en France devraient avoisiner la barre des 450 millions d’ici 2020. Un réservoir de croissance d’autant plus conséquent que la France peut raisonnablement envisager d’emboîter le pas du marché de référence américain où les ventes de bières artisanales représentent 11 % de parts de marché.
La nouvelle composition du marché de la brasserie française
Avec une croissance de 16% annuelle et près de 5 créations d’entreprises par semaine, les brasseurs indépendants sont les locomotives de la brasserie française. A ce jour, les 1600 brasseurs qui produisent et commercialisent de la bière locale sur tout le territoire français représentent 5600 emplois, soit 80 % des effectifs de la filière de production. La France est aujourd’hui le troisième pays européen en nombre de brasseries et 70 % des bières consommées dans la métropole y sont produites. Ce réseau de brasseurs artisanaux génère un chiffre d’affaires de 500 millions d’euros et une production de 1 350 000 hectolitres. Le succès des brasseries artisanales repose sur la qualité de la production, la transparence, la valorisation d’un savoir-faire et la promotion de produits du terroir. En parallèle, les micro-brasseurs disposent d’une plus large capacité d’adaptation et d’une plus grande latitude dans le processus de fabrication que les brasseries industrielles. Résultat, les brasseurs indépendants peuvent rapidement ajuster leur proposition de valeur en jouant sur les parfums ou les méthodes de fermentation pour répondre aux attentes de leur clientèle.
D’une manière générale, la distribution des bières artisanales s’articule autour de la vente directe (75 %) et des circuits courts. En revanche, les brasseurs indépendants peinent à être référencés dans les rayons de la grande distribution, secteur largement préempté par les brasseries industrielles qui produisent annuellement 20,7 millions d’hectolitres. Convaincus des potentialités de ce segment de marché, les géants mondiaux de la brasserie se lancent à leur tour dans la commercialisation de bières spécialisées en vue de doper leurs ventes. A ces fins, ils déploient leurs propres grammes de produits qui s’apparentent à des bières locales ou rachètent directement des brasseries indépendantes. Enfin, les brasseurs artisanaux doivent également composer avec la forte concurrence étrangère qui propose des bières artisanales prisées des amateurs français de houblons.
En vue de pérenniser leur modèle économique, les artisans brasseurs multiplient les canaux de distribution : bars indépendants, création de leurs propres structures de vente, vente en ligne ou encore partenariat avec des cavistes et épiceries fines. Pour tenter de se démarquer de la vive concurrence des industriels, les brasseurs indépendants militent pour l’instauration d’un label spécifique qui attesterait de leur savoir-faire. Un gage de sécurité indispensable pour asseoir le développement d’une filière en plein renouveau !
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