Longtemps réduits au marché de l’automobile, des livres ou encore du textile, les produits d'occasion trouvent désormais un large écho auprès des ménages qui aspirent à consommer autrement. Des équipements high-tech aux jouets en passant par les articles de sport, le marché de la seconde main se professionnalise pour satisfaire aux attentes d’une clientèle de plus en plus importante. Selon une étude réalisée par l’entreprise Tripartie, le marché de l’occasion génère un chiffre d’affaires de 7 milliards d’euros, dont plus de la moitié est issue du web. Désormais, l’achat d’un article d’occasion devient une habitude de consommation solidement ancrée dans le quotidien des ménages. Une étude menée par le site américain Thred Up confirme cette nouvelle donne : en 2021, 86 % des consommateurs se disent favorables à l’achat d’un vêtement d’occasion, contre 45 % en 2016. Motivé par des considérations éthiques, environnementales ou économiques, cet engouement laisse entrevoir de solides perspectives de développement sur un marché mondial appelé à croître chaque année de 15 à 20 % selon une étude menée par le Boston consulting group.
L'occasion : un nouvel eldorado pour tous les secteurs d’activité?
Pour répondre à cet afflux de demandes, le marché se structure progressivement sous l’impulsion d’acteurs spécialisés (tissu associatif porté sur l’économie sociale et solidaire, brocantes, enseignes d’achat / dépôt-vente, marketplaces) qui proposent une gamme de plus en plus étoffée d’articles d’occasion. Si aucun produit n’échappe au succès de la seconde main, la diffusion dans les enseignes historiquement centrées sur la commercialisation de produits neufs est plus diffuse. À l’instar d’Ed. Leclerc ou de Carrefour, les géants de la grande distribution déploient progressivement des espaces dédiés à l’achat-revente au sein de leurs magasins.
De même, des figurines, des jeux de société et des puzzles de seconde main commencent à tenir une place de choix au sein des rayons des magasins spécialisés dans la vente de jouets. Forte d’un réseau de 330 points de vente, l’enseigne King Jouet propose un tiers de jouets d’occasion pour deux tiers de jouets neufs, un article pouvant ainsi être proposé deux fois moins cher juste à côté de son équivalent sous cellophane. Si le prix est un facteur décisif qui motive l’acte d’achat des ménages contraints de multiplier les arbitrages budgétaires en ce temps d'inflation galopante, certains secteurs d’activité ne peuvent s’engager dans une guerre des prix sous peine de mettre à mal leur rentabilité. Les difficultés d'approvisionnement et l’intensification de l’environnement concurrentiel, aussi bien du côté du commerce physique que des pures players, sont autant de freins identifiés par les enseignes pour s’ouvrir au marché de la seconde main. À ce titre, les segments de la vente de produits d’occasion d’ameublement et de prêt-à-porter semblent plus que jamais préemptés par les mastodontes numériques Le Bon Coin et Vinted.
Du côté des enseignes historiques qui exercent sur le secteur de la seconde main depuis des décennies, tout l’enjeu est de capitaliser sur leur savoir-faire avéré tout en repensant leur offre de services pour aller toucher une nouvelle clientèle. À ces fins, certains réseaux ont déployé des concepts de boutiques spécifiques pour cibler une clientèle d’actifs résidant en centre-ville. D’autres, à l’instar d’Easy cash, adoptent une nouvelle image de marque pour séduire une clientèle plus jeune et casser les codes du marché des produits d’occasion.
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