Longtemps cantonnée à un segment de niche, l’alimentation végane et végétarienne s’impose progressivement comme une sérieuse alternative aux protéines animales. Selon une étude publiée par l’institut d’études privé Xerfi, les ventes de produits végétariens et végans, en progression de 11 % sur un an, ont généré en 2019 un chiffre d’affaires de 400 millions d’euros dans les grandes et moyennes surfaces (GMS) françaises. En progression constante depuis plusieurs années, ce marché est désormais équivalent, voire supérieur, à celui du sans gluten mais génère 10 fois moins de ventes que les produits bio. Selon Xerfi, l’alimentation végétarienne et végane devrait peser plus de 600 millions d’euros dans les GMS d’ici trois ans.
Étoffer l’offre pour séduire de nouveaux consommateurs
Si ce marché spécifique peut s’appuyer sur un socle de1,3 million de consommateurs (soit près de 2 % de la population française), son moteur de croissance réside dans la capacité à séduire les flexitariens. Ce terme désigne les ménages qui se détournent progressivement des produits carnés au profit des protéines végétales. La multiplication des scandales alimentaires, la remise en cause des bienfaits supposés du lait et de la viande ou encore une sensibilité accrue au bien-être animal sont autant de raisons qui expliquent l’engouement des français pour ce mode de consommation alternatif. Selon Xerfi, les flexitariens représentent désormais près de 23 millions de personnes.
Autant de nouveaux consommateurs à séduire pour les industriels et les acteurs de la distribution qui investissent le segment de l’alimentation végane et végétarienne. Dans cette optique, tout l’enjeu est d’étoffer l’offre de produits tout en améliorant leur visibilité. Une problématique commune entre les enseignes généralistes et les magasins spécialisés qui doivent repenser l’agencement des points de vente pour éviter une fragmentation trop importante des rayons.
Pour se démarquer de la concurrence et démocratiser l’accès à l’alimentation végane et végétarienne au plus grand nombre, certains distributeurs ont fait le pari d’ouvrir des points de vente 100 % vegan. A ce titre, l’enseigne Naturalia (propriété du groupe Casino) fait office de pionnière en France avec la création du concept Naturalia Végan implanté à Paris depuis 2017. Attirés par le potentiel de développement de ce marché alimentaire, les grands industriels se sont également engouffrés dans la brèche en proposant des gammes de produits spécifiques. Une concurrence féroce pour les acteurs historiques qui voient leur part de marché s’effriter dangereusement. Longtemps leader sur le segment du traiteur végétal avec une part de marché estimée à 60 %, Sojasun est désormais contraint d’ajuster sa proposition de valeur dans un univers hautement concurrentiel pour conserver sa part de marché tombée à 7,4 %. Sur le secteur des substituts, les industriels rivalisent d’ingéniosité pour se positionner dès maintenant sur des niches alimentaires appelées à être les standards de demain. Parmi celles-ci, les produits analogues à la viande offrent de réelles perspectives de développement avec un volume de ventes estimé à 40 millions d’euros selon Xerfi.
Vous cherchez à acheter un commerce ?
Inscrivez-vous gratuitement
à nos alertes e-mail