Le boom du marché de la distribution de produits en vrac


Le boom du marché de la distribution de produits en vrac

Article publié le : 12/11/2019

Pâtes au poids, épices, dentifrices, liquides vaisselle ou encore savons… de plus en plus de produits en vrac font leur apparition dans les rayons des épiceries et des enseignes de la grande distribution. Un temps cantonné à la vente de fruits et légumes, le vrac s’étend désormais aux produits d’entretien, aux cosmétiques ou encore aux liquides. Depuis 4 ans, le marché du vrac français est en forte progression. Selon une étude réalisée en 2019 par Kantar, entreprise spécialisée dans les études marketing, 47 % des personnes interrogées ont acheté en vrac au cours des douze derniers mois. L’étude précise par ailleurs que la demande en vrac concerne tous les âges et s’étend aussi bien en ville qu’en milieu rural.

Le renouveau d’un mode de consommation populaire

Popularisée dans les années 70 sous l’impulsion des épiceries et des détaillants spécialisés, la vente en vrac est progressivement tombée en désuétude avec l’avènement des supermarchés et des produits (sur)emballés vendus par lots. Depuis, ce mode de distribution recouvre une seconde jeunesse tant il répond aux aspirations d’une part grandissante de ménages qui guident leur acte d’achat en fonction de leurs convictions écologiques et/ou sociétales. En dehors de ces considérations majeures, le vrac se révèle également très compétitif sur le plan tarifaire. Selon une étude menée par 60 millions de consommateurs, un produit en vrac coûte, à qualité équivalente, entre 5 et 30 % moins cher qu’un produit emballé. L’absence d’emballage et d’investissement marketing explique ce différentiel.

Aujourd’hui, le zéro déchet et la lutte contre le gaspillage alimentaire sont des enjeux majeurs qui guident les orientations stratégiques des acteurs de la distribution. Si le vrac ne représente encore que 0,5 % du marché de l’alimentation, le marché de la distribution de produits en vrac se développe sur tout le territoire français. Les enseignes de la grande distribution suivent cette tendance en proposant des rayons en vrac (à ce jour, environ 20 % des grandes surfaces disposent d’un tel rayon). Pour faire face à cette concurrence, les épiceries vrac spécialisées se sont fédérées en 2016 au sein de l’association Réseau vrac. A ce jour, cette structure regroupe 1200 adhérents et 200 épiceries en France. De quoi booster la vente de produits en vrac ! En 2018, ce marché a généré un volume de vente de 850 millions d’euros en 2018, contre 500 millions en 2017. Pour l’heure considéré comme un marché de niche, ce secteur pourrait peser 3 milliards d’euros en 2020. Pour consolider la progression des achats en vrac, les distributeurs doivent répondre à plusieurs défis majeurs.

Une marge de progression importante

Le premier obstacle à lever est de développer l’offre de produits en vrac commercialisés,  limitée à l’heure actuelle en références. Exception faite des produits frais, environ 30 % d’un panier d’achat classique est à ce jour disponible en vrac. L’étoffement de la gamme de produits en vrac est conditionné au strict respect des règles d’hygiène, que ce soit au niveau de la manipulation des produits ou de leur conservation. Le développement d’une gamme de produits frais ainsi que la distribution de liquides requièrent d’importants dispositifs et un entretien régulier et minutieux. Enfin, en l’absence d’emballage, certains consommateurs peuvent regretter un défaut d’informations sur les produits commercialisés. A charge pour les distributeurs de clairement spécifier les données nutritionnelles, l’origine, la traçabilité ou encore les dates de péremption des produits vendus en vrac. Une démarche indispensable pour dissiper les craintes et faire en sorte que le vrac s’ancre dans le quotidien des Français.