La seconde jeunesse du marché de la couture


La seconde jeunesse du marché de la couture

Article publié le : 22/11/2023

Présentée comme l’un des plus vieux métiers au monde, la couture sur-mesure a progressivement perdu de sa superbe avec la démocratisation du prêt à porter et du fast fashion qui ont fait exploser la demande en vêtements bon marché et jetables. Portée par de nouvelles aspirations sociétales et un contexte économique incitant à l’achat raisonné, la couture revient sur le devant de la scène. Que ce soit pour des considérations éthiques, écologiques, économiques ou pour le plaisir de se faire confectionner un vêtement à son image, les motifs ne manquent pas pour solliciter les services des 10 000 artisans couturiers et des 150 maîtres tailleurs recensés en France.

Si le sur-mesure représente une part minime du marché de l’habillement, les couturiers proposent un large choix de prestations pour fidéliser leurs clientèles. En dehors de l’émergence de la demi-mesure (entre le sur-mesure et le prêt-à-porter), la profession tire son épingle du jeu sur de nombreux segments de niche comme la confection de costumes de théâtre ou de cinéma, la création de robes de mariée, la fabrication d‘une gamme de prêt à porter unique ou encore la production d’accessoires et de petites maroquineries. En dehors de la création et du relooking de vêtements, nombreux sont les ateliers qui proposent en parallèle une activité de retouche. Un travail plus rentable que le sur-mesure du fait de son mode de facturation calculé au temps passé. A charge pour ces professionnels d'équilibrer leur charge du travail pour se dégager du temps pour de la couture plus créative.

 

Mise en place d’un bonus réparation pour le textile

Dans l’optique de faire durer sa garde-robe le plus longtemps possible en favorisant la réparation, le gouvernement a lancé le 7 novembre 2023 un bonus réparation textile. Ce dispositif, qui concerne tous les vêtements et chaussures ( à l’exception des sous-vêtements, de la lingerie, des vêtements en cuir ou en vraie fourrure), s’adresse à tous les consommateurs qui souhaitent faire repriser une pièce par un couturier agréé. Directement déduit de la facture, ce rabais compris entre 6 et 25 euros concerne les réparations d’un montant supérieur à 12 €. Dotée de 154 millions d’euros sur la période 2023-2028, l’initiative a pour but d’augmenter de 35 % le volume de textiles et chaussures réparés en France d’ici à 2028.

Pour les professionnels de la couture, tout l’enjeu est de valoriser leur proposition de valeur auprès des ménages qui vont fréquenter ces commerces de proximité à cette occasion. Si le marché de la reprise est encore dominé par les artisans indépendants, quelques enseignes se forgent une solide réputation avec leurs offres de services qui bousculent les codes du secteur. Fondée en 2016 sur un concept jusqu’alors inconnu de services de couture à domicile, l’entreprise Tilli est progressivement devenue un acteur incontournable sur le marché de la retouche et de la personnalisation. Spécialisée dans la mise en relation entre les artisans de la couture, de la maroquinerie et de la broderie avec le grand public, Lilli promeut le savoir-faire de 250 couturières et couturiers dans une vingtaine de villes. Enfin, le marché de la réparation de textiles attire également les grandes enseignes du prêt-à-porter, à l’image de Zara qui vient de lancer une plateforme de seconde main sur laquelle un usager peut faire réparer, revendre ou donner ses vêtements de la marque espagnole.