Durement affectés par la crise sanitaire, les professionnels du secteur de l’hôtellerie française s’attendaient à vivre une période estivale compliquée avec l’absence des touristes étrangers. Une inquiétude qui s’est dissipée avec le regain d’activité observé entre juillet et août. Selon une étude publiée par MKG, cabinet spécialisé dans les études de marché, le secteur de l’hôtellerie a renoué ces derniers mois avec une dynamique positive en affichant un taux d’occupation des chambres d’hôtels de l’ordre de 55 %. Si cet indicateur est bien inférieur aux standards enregistrés les années précédentes (le taux d’occupation accuse un repli de 20 points par rapport à la même période en 2019), le parc hôtelier français se prend à rêver d’un rebond durable.
Cette dynamique positive tranche avec les sévères difficultés rencontrées par les hôteliers européens. Selon MKG, seuls 62 % des hôtels espagnols avaient rouvert à la mi-août (contre 80 % des établissements français) pour un taux d’occupation qui atteint à peine les 30 %. Une situation qui est similaire en Italie, où un hôtel sur trois n’a toujours pas rouvert depuis le début de la pandémie. En France, la reprise de l’activité pour les professionnels du tourisme cache de grandes disparités.
La Capitale délaissée au profil du littoral
Paris a particulièrement souffert du manque de touristes cet été. Selon le cabinet MKG, les professionnels du secteur ont enregistré une baisse de 50 points du taux d’occupation entre le 1er juillet et le 16 août pour plafonner autour de 34 %. Privé de touristes étrangers, le parc hôtelier parisien affiche un taux d’ouverture historiquement bas avec seulement une chambre sur deux disponible à la réservation. L’hôtellerie de luxe parisienne souffre particulièrement de cette situation puisque seuls 29 % des 5 étoiles ont rouvert leurs portes à Paris contre 59 % sur le reste du territoire. L'impossibilité pour la clientèle internationale de se rendre en France par avion impacte non seulement Paris mais aussi les nombreux palaces de la Côte d’Azur qui ont affiché un recul des réservations cet été.
A contrario, la façade atlantique et le littoral breton ont su tirer leur épingle du jeu cet été avec un taux d’occupation établi à 82,1 % pour l’Atlantique et 76 % pour la Bretagne. Fragilisée par une longue période d’inertie, la filière hôtelière est aujourd’hui confrontée à d’importants défis. Les mesures sanitaires prises pour endiguer la reprise épidémique couplées à la baisse de la fréquentation de la clientèle internationale risquent d’impacter l’activité du secteur sur la fin de l’année. Selon le syndicat des professionnels indépendants de l’hôtellerie et de la restauration, près de 47 000 emplois ont été détruits dans l’hôtellerie au premier semestre. Une série noire qui devrait s’accentuer ces prochains mois selon le syndicat qui craint une destruction de 30 000 emplois supplémentaires. Pour soutenir la filière, les professionnels se mobilisent autour de plusieurs enjeux comme le règlement des loyers commerciaux alors que leurs établissements étaient fermés ou encore la question du chômage partiel sans reste à charge.
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