En dépit de la vague de mouvements sociaux qui a impacté l’activité économique du pays sur le dernier trimestre, les hôteliers dressent un bilan positif avec une fréquentation annuelle en hausse sur 2019, aussi bien à Paris qu’ en Province. Selon le baromètre publié par MKG Consulting, le revenu moyen par chambre (RevPar) de l’hôtellerie française, tous segments confondus, a progressé de 1,8 % sur l’ensemble de l’année. L’an passé, cet indicateur clé de la profession s’est stabilisé autour de 71,80 €. Un résultat qui s’explique avant tout par une légère hausse des prix moyens (+1,5%) pratiqués qui compense une fréquentation tendant à se stabiliser depuis 2018 (68,8% de taux d’occupation). Les hôtels du segment super-économique tirent particulièrement leur épingle du jeu avec un RevPar qui progresse de 3,7 % grâce principalement à la hausse des prix moyens. Sur les autres segments, les résultats se révèlent très homogènes avec une fréquentation stable et des prix moyens en légère progression.
Si le marché de l’hôtellerie française surfe sur une dynamique positive, d’importantes disparités subsistent suivant les localités géographiques. En 2019, la Bretagne s’est imposée comme une destination privilégiée des ménages français et des touristes internationaux. Le taux d’occupation des hôtels locaux a ainsi progressé de 1,6 point en un an. L’Auvergne-Rhône-Alpes et la région Provence-Alpes-Côtes d’Azur suivent le pas avec des hausses comprises entre 1,2 point et 1,6 point. Les hôteliers ont su capitaliser sur de grands événements (Coupe du monde de foot féminin, salon Airshow au Bourget, etc.) pour consolider leur activité. Par ailleurs, les Français ont eu tendance à moins voyager en dehors de nos frontières pour les vacances de juillet et d’août, de quoi booster la fréquentation des hôtels. A l’inverse, les Hauts-de-France et l’Île-de-France sont les seules régions à afficher des évolutions négatives. Pour ces hôteliers, le salut est passé par une hausse des tarifs pratiqués.
De leur côté, les hôtels parisiens enregistrent sur l’année un taux d’occupation de 71,2 %. La Capitale souffre toujours des soubresauts consécutifs à la vague des gilets jaunes de 2018. Cette année-là, les établissements parisiens affichaient un taux d’occupation de 75,2 %. La fin d’année 2019 et le début 2020, marqués par l’intensification des mouvements sociaux et la grève des transports, n’augurent rien de bon pour le secteur de l’hôtellerie parisienne. Pour autant, la France et sa Capitale peuvent compter sur une croissance soutenue de la clientèle d’affaires et de touristes internationaux. Selon le Quai d’Orsay, la fréquentation touristique étrangère enregistrée sur l’ensemble de l’année 2019 devrait battre le record de 2018 où l’Hexagone avait accueilli 89 millions de visiteurs. Seule ombre au tableau, l’officialisation du Brexit en ce début 2020 nourrit de nombreuses interrogations sur les recettes touristiques en France émanant des visiteurs du Royaume-Uni. En 2018, les arrivées britanniques dans l'Hexagone se sont établies à 13 millions, contre 12,7 millions un an plus tôt et 11,9 millions en 2016.
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