L’hôtellerie de plein air : un secteur dynamique en mutation


L’hôtellerie de plein air : un secteur dynamique en mutation

Article publié le : 27/06/2022

Fort d’un chiffre d’affaires qui a atteint la barre des 2,8 milliards d’euros en 2021, le secteur de l’hôtellerie de plein air français affiche une santé éclatante et conforte son statut de principal mode d’hébergement touristique marchand en France. Avec 935 000 emplacements et 10 430 terrains recensés sur le territoire, le camping dispose de nombreux atouts qui séduisent les vacanciers. Naturellement tournée vers l’écologie et épousant les principes du slow tourisme (l’art de voyager en prenant son temps tout en s’imprégnant de l’environnement immédiat), l’hôtellerie de plein air attire les ménages en quête de dépaysement, de ressourcement et de tranquillité dans des secteurs moins fréquentés que les littoraux. La pandémie du Covid et les différents confinements qui se sont succédé n’ont fait qu’accentuer l’engouement des touristes pour cette tendance de consommation des vacances, notamment en zone rurale et montagnarde. Ces destinations plus intimistes, propices au tourisme à taille humaine, ont su tirer leur épingle du jeu grâce à leurs infrastructures d’hôtellerie de plein air de grande qualité répondant aux attentes et aux besoins du plus grand nombre. Au fil des années, cette offre d’hébergement de proximité s’est fortement développée avec comme ligne directrice la montée en gamme des établissements.

 

La premiumisation du secteur de l’hôtellerie de plein air

Longtemps catalogué comme un mode d’hébergement touristique préempté par ceux qui partent en vacances avec un budget serré, le camping gagne aujourd’hui les faveurs de ménages plus aisés qui n’hésitent plus à fréquenter les lieux. Pour fidéliser cette clientèle, l'hôtellerie de plein air propose des hébergements avec des équipements de standing, des services innovants et un confort semblable à celui de l'hôtellerie traditionnelle. Une montée en gamme salvatrice qui touche toute la profession ! À l’heure où le nombre de campings tend à diminuer sur les deux dernières décennies, l’offre de campings classifiés quatre ou cinq étoiles est en forte augmentation (hausse de 10 points de 2000 à 2019). Désormais, ce segment de l’hôtellerie de plein air représente plus de 18 % du marché hôtelier. Cette montée en gamme du secteur entraîne de facto une progression constante du prix moyen des nuitées. Pour autant, cette tendance haussière n’a pas eu d’incidence sur le taux de fréquentation de ces établissements.

Si la montée en gamme du parc hôtelier de plein air est un gage de succès, cette premiumisation nécessite d’importants investissements, entraînant par la même une forte recomposition du paysage concurrentiel sous l’effet d’une financiarisation du secteur. Jusqu’alors majoritairement exploitée par des propriétaires familiaux, l’hôtellerie de plein air tend à se structurer sous l’impulsion de grands groupes et de fonds d’investissements qui multiplient les acquisitions. Selon une publication réalisée par le cabinet d’études Xerfi, les chaînes et groupes intégrés regroupent désormais 33% des emplacements du secteur, contre 17 % en 2011. Un mouvement de consolidation du marché qui devrait s’accentuer ces prochaines années, sous l’impulsion des opérateurs de tourisme d’envergure internationale qui voient en l’hôtellerie touristique de plein air un levier de croissance incontournable et rentable.