Porté par une croissance record depuis une décennie, le marché de l’occasion a le vent en poupe et s’étend aujourd’hui à de nombreux biens de consommation. Les perspectives laissent entrevoir un avenir radieux avec un chiffre d’affaires mondial estimé à plus de 50 milliards d’euros d’ici à 2023. Historiquement associé au secteur de l’automobile, le marché de l’occasion couvre désormais un large spectre de produits. Du prêt-à-porter à l’ameublement en passant par les objets de décoration, les produits d’occasion se multiplient et séduisent un grand nombre de consommateurs. Selon une étude réalisée par l’Institut Français de la Mode (IFM), 40 % des français ont acheté au moins une fois un produit d’occasion en 2018. Longtemps associé aux revenus modestes, le marché de l’occasion est aujourd’hui un phénomène qui s’adresse à toutes les catégories sociales. La montée en puissance de ce nouveau mode de consommation amène les circuits de distribution à se réinventer pour répondre aux attentes des ménages.
La quête d’un achat économique et utile
Plus que jamais, l’acte d’achat est avant tout motivé par des considérations financières. Pour de plus en plus de ménages, l’heure est à la recherche de substantielles économies. Une tendance qui tend à s’accentuer depuis le début de la crise sanitaire. Pour plus de 75 % des personnes interrogées au cours de l’étude menée par l’IFM, le prix reste le principal argument qui motive l’achat d’un produit de seconde main. Pour autant, la défense du pouvoir d’achat n’est pas le seul moteur du marché de l’occasion. Désormais, l’achat d’un bien de consommation est souvent guidé par des aspirations d’ordre sociétal, écologique ou éthique. Dès lors, les biens de seconde main apparaissent comme une réponse naturelle pour lutter contre le gaspillage et la surconsommation. Pour répondre à cette demande croissante, le marché se structure progressivement autour d’enseignes spécialisées mais également sous l’impulsion des leaders de la grande distribution qui multiplient les initiatives pour conquérir de nouvelles parts de marché. Ainsi, le groupe Carrefour, en partenariat avec Cash Converters, a inauguré un magasin pilote dans la région parisienne axé sur la commercialisation de produits multilmédia et high tech de seconde main. De son côté, Auchan est en train de déployer un concept axé sur la vente de vêtements d’occasion en partenariat avec l’entreprise spécialisée dans ce domaine Patatam. Pour ces géants de la distribution, tout l’enjeu est de se positionner sur ce secteur porteur et de pas laisser le champ libre au groupe Leclerc qui fait figure de précurseur sur ce sujet. A ce jour, l’enseigne compte 30 points de vente spécialisés dans l’occasion et prévoit d’en ouvrir une trentaine supplémentaire ces prochains mois. Regroupant plus du tiers des parts de marché, les magasins physiques doivent composer avec la concurrence féroce de sites e-commerce d’envergure internationale.
Les ventes en ligne de produits de seconde main sont au beau fixe puisque 90 % des consommateurs français optent pour ce canal pour acheter un bien d’occasion. Sur le web, ce marché s’est rapidement structuré autour de plate-formes spécialisées qui sont aujourd’hui perçues comme des acteurs incontournables de l’occasion, au même titre que les friperies. Le succès fulgurant de l’e-commerçant Vinted a contribué à une véritable démocratisation des biens de seconde main auprès d’un très large public. Né en Lituanie, Vinted s’est rapidement imposé comme le leader incontestable de la vente en ligne de produits d’occasion. En 2019, le groupe a réalisé un volume d’affaires d’1,3 milliard d’euros dont 700 à 800 millions d’euros de ventes générés en France.
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