Hôtellerie française : une reprise d’activité à conforter


Hôtellerie française : une reprise d’activité à conforter

Article publié le : 04/08/2021

Durement impactés par la crise sanitaire, les professionnels de l’hôtellerie se prennent à rêver d’une sortie de crise durable. Après un début d’année morose, la saison estivale s’annonce favorable au tourisme domestique. Selon une étude publiée par le cabinet d’études et de conseil MKG, le taux d’occupation des établissements hôteliers français est repassé, courant juin 2021, au-dessus de la barre des 50 %. Une première depuis le début de la crise sanitaire ! La fin du confinement couplée à l’envie des ménages de se ressourcer loin de leurs domiciles ont boosté la fréquentation des hôtels. Un regain d’activité salvateur pour la profession meurtrie par un début d’exercice 2021 moribond. Selon l’Insee, le taux d’occupation des établissements restés ouverts se situait autour de 32 % sur le premier trimestre (contre 55 % début 2019). Au final, on dénombre 14,8 millions de nuitées sur les trois premiers mois de l’année (soit le tiers par rapport aux chiffres observés sur la même période en 2018 et 2019).

L’envol des nuitées hôtelières observé depuis le mois de juin cache néanmoins d’importantes disparités. Si les régions de la façade atlantique font office de locomotives avec un taux de fréquentation supérieur à 60 %, l’Ïle de France et les métropoles de province subissent une baisse de l’ordre de 40 % du nombre de nuitées hôtelières depuis le début de l’année par rapport aux premiers mois de 2018 et 2019 . Pour autant, les signes d’une reprise tangible de l’activité se multiplient sur ces secteurs qui bénéficient d’une bon taux de fréquentation de la clientèle professionnelle, de la tenue de salons professionnels ou de la réouverture des grands parcs de loisirs. En revanche, l’hôtellerie de luxe reste le segment le plus impacté en raison d’une clientèle étrangère fortunée qui déserte ces établissements.

 

Un secteur soumis à de nombreux défis

L’été 2021 est une période charnière pour la profession qui compte sur la forte progression du tourisme local pour renflouer les caisses. Si la menace du variant Delta et d’une reprise de l’épidémie entretient un climat d’incertitude, le secteur de l’hôtellerie doit également amorcer sa mue pour entrevoir de solides perspectives de développement. Plus que jamais, la capacité d’accueil d’un hôtel est un facteur clé qui influe sur la bonne santé de l’activité. Si la capacité moyenne des hôtels français est de 36 chambres, ce chiffre masque d’importantes disparités. A ce jour, 72 % du parc étoilé sont des établissements classés qui ont moins de 50 chambres. Or, selon diverses projections, le seuil de rentabilité est plus difficile à trouver pour les établissements qui comptent moins de 45 chambres, et ce même sur les localités géographiques les plus dynamiques. A l’inverse, seulement 4 % des établissements hôteliers ont une capacité d’accueil de plus de 100 chambres.

Depuis l’émergence de la crise sanitaire, le salut d’un hôtelier passe par sa capacité à moderniser son offre hôtelière pour répondre aux nouvelles attentes des ménages en quête d’un logement fonctionnel, sécurisé et au goût du jour. Pour y parvenir, les hôteliers indépendants ont tout intérêt à jouer la carte du collectif pour centraliser et partager des informations, mutualiser des investissements ou encore conquérir et fidéliser une clientèle toujours plus volage. À ce jour, près de 6 hôteliers français sur 10 n’adhèrent à aucun réseau.