Commerces de proximité : un regain de forme qui se confirme


Commerces de proximité : un regain de forme qui se confirme

Article publié le : 06/01/2020

Après des années difficiles, le commerce de proximité a renoué en 2019 avec une dynamique positive. La dernière enquête publiée par l’U2P (Union des entreprises de proximité) fait état d’une croissance record de 2,5 % au troisième trimestre 2019. Le commerce alimentaire de proximité et l’hôtellerie-restauration tirent le marché vers le haut. L’artisanat et les professions libérales bénéficient également d’un regain d’intérêt, quant bien même cette conjoncture favorable cache de sévères disparités selon la localisation et la taille des entreprises. 
A l’heure où la désertification des centres-villes s’intensifie et où les projets d’implantation de grandes zones commerciales en périphérie se multiplient, les consommateurs sont de plus en plus demandeurs de services et de commerces locaux. Mieux informés, les ménages se montrent plus vigilants, voire défiants sur la composition et l’origine des produits. Désormais, l’acte d’achat est conditionné par la recherche de la qualité au détriment de la quantité. Dans ce contexte, la proximité s’impose comme une alternative à la consommation de masse  en raison des aspects pratiques, qualitatifs, humains et éthiques qui lui sont associés. Pour faire face à la concurrence des géants de la distribution, les commerces de proximité ajustent leurs propositions de valeur pour singulariser leurs offres et développer une expérience client novatrice. 

Pendant de nombreuses années, le numérique a  été perçu comme une menace par les commerces de proximité. L’émergence d’e-commerçants d’envergure internationale a bouleversé la donne avec leur politique tarifaire très agressive et des frais de livraison offerts. De quoi modifier les attentes et les habitudes des consommateurs qui se sont tournés vers le showrooming (un ménage se rend dans une boutique pour consulter un produit puis le commande sur internet à prix réduit). Depuis 2019, cette tendance s’est inversée comme le démontre une étude publiée par retail Perceptions. Désormais, les consommateurs tendent à finaliser leur achat dans un commerce physique après avoir observé les spécificités du produit / service en ligne. Dans ce contexte, la digitalisation des points de vente devient un axe de développement prioritaire pour les commerçants qui souhaitent optimiser la visibilité de leurs produits mais aussi se doter d’un canal de vente supplémentaire. Par ailleurs, de plus en plus de professionnels prennent le pli de digitaliser l’expérience en magasin : vendeurs équipés d’un terminal mobile pour mieux conseiller les clients, tablettes pour commander des plats dans un restaurant, bornes intelligentes dans des cabines d’essayages, etc. Autant d’outils qui magnifient le parcours client en magasin et qui valorisent le savoir-faire et les spécificités du commerce. 

Pénalisés par des problématiques d’accessibilité et/ou de stationnement, les commerces situés en centre-ville étoffent leurs panels de services pour séduire une frange de consommateurs qui se détourne des grandes zones commerciales de périphérie. Ainsi, de plus en plus de commerçants, en partenariat avec des opérateurs spécialisés ou en mutualisant leurs moyens et leurs ressources sous l’égide d’une GIE, proposent des services de livraison urbaine. De leur côté, les enseignes de la grande distribution déploient des concepts de drive piéton dans les centres-villes. Plus que jamais, le salut des commerces de proximité passe par la qualité de l’offre et du conseil, les services et la capacité à innover.