En raison de la crise sanitaire liée à la Covid 19, les ménages ont adopté de nouvelles habitudes de consommation, rebattant par la même les dynamiques de développement des différents circuits de distribution. Avec les confinements, les limitations de déplacement ou encore les couvre-feux, les aléas qui ont jalonné l’année 2020 ont particulièrement été bénéfiques pour les commerces alimentaires de proximité. Selon une étude menée par la société d’études de marché IRI, le chiffre d’affaires des supérettes françaises a bondi de 8 % l’année dernière pour atteindre la barre des 12,6 milliards d’euros. Solidement ancrées dans le tissu économique local, les supérettes ont séduit un large public en quête de praticité pour réduire au minimum le temps consacré aux courses. Avec un panier moyen en hausse, les supérettes sont devenues les magasins de proximité de référence pour les courses principales, alors qu’elles n’étaient perçues que comme une solution de dépannage. Néanmoins, cette dynamique de marché est à nuancer tant de grandes disparités apparaissent suivant l’emplacement des points de vente et la capacité des commerces de proximité à s’adapter aux nouvelles habitudes de consommation.
Les supérettes situées dans les zones rurales et périurbaines ont particulièrement tiré leur épingle du jeu en 2020 en séduisant un grand nombre de nouveaux clients soucieux de faire leurs achats alimentaires dans les magasins les plus proches. À titre d’exemple, les magasins implantés dans les zones rurales de l’enseigne Carrefour Proximité ont ainsi bénéficié d’une croissance comprise entre 12 et 15 %. Du côté du groupe Casino, pas moins de 300 magasins de proximité devraient s’implanter cette année en zones périurbaine et rurale. À l’inverse, les points de vente situés dans les aéroports, les gares ou en plein cœur des quartiers touristiques subissent une baisse sévère de leur chiffre d’affaires (jusqu’à -30%) en raison d’une fréquentation des sites en berne. Enfin, les commerces alimentaires situés près des centres d’affaires ont été impactés par la pratique du télétravail avec une clientèle qui s’est reportée vers les magasins proches de leur domicile au détriment de ceux proches de leur lieu de travail.
Pour s’ajuster à l’évolution de la demande et faire face à la concurrence des surfaces alimentaires spécialisées, les supérettes ajustent leur proposition de valeur en misant sur la digitalisation des points de vente et sur le développement de services de proximité (livraison à domicile, click and collect, drive, point relais). En parallèle, les supérettes sont très nombreuses à proposer une gamme de plus en plus étoffée de plats à emporter pour répondre aux attentes d’une clientèle de passage.
Désormais, tout l’enjeu pour la profession est de capitaliser sur cet afflux de demandes pour pérenniser le développement de l’activité en développant une relation client personnalisée et authentique. De nombreuses initiatives voient le jour au sein des commerces de proximité, telles que le déploiement de cartes de fidélité, l’organisation récurrente d’atelier de dégustation. L’occasion pour le grand public de découvrir les producteurs locaux et les produits du terroir. En leur qualité de commerces de proximité, les supérettes multiplient les partenariats avec les fermes environnantes pour soutenir la production locale et établir un lien de confiance avec leur clientèle. Pour étoffer leurs canaux de distribution et toucher un plus large public, les commerces de proximité tendent à mutualiser leurs moyens pour développer des sites web marchands collectifs.
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