Buraliste : une profession qui joue la carte de la proximité


Buraliste : une profession qui joue la carte de la proximité

Article publié le : 01/02/2022

Avec un paquet de cigarettes ayant franchi la barre symbolique des 10 euros et une multitude d’acteurs qui proposent des solutions alternatives pour séduire les fumeurs, les buralistes redessinent aujourd’hui le contour de leur profession pour diversifier leur source de revenus et s’inscrire comme un commerce de proximité incontournable. Un défi de taille pour les 24 000 bureaux de tabac en activité qui doivent composer avec l’érosion continue des ventes de tabac, produit dont ils ont le monopole et qui représente 65 à 70 % de leur chiffre d’affaires annuel.

Après avoir manqué, faute d’y croire, les débuts du marché de la cigarette électronique (70 % des ventes sont aujourd’hui captées par les boutiques spécialisées), les buralistes se tiennent désormais à l’écoute du marché pour se positionner sur des segments porteurs. À ce titre, les ventes de fleurs et de feuilles chargées en CBD apparaissent, aux yeux de la Confédération des buralistes, comme un vecteur de croissance à considérer (ce marché est estimé à un milliard d’euros par an pour toute la filière). Pour autant, la commercialisation de ce type de produits est loin d’être acquise tant elle suscite d’importants débats juridiques en France. Soucieux d’enrayer le déclin de leur activité, les buralistes ont amorcé une réflexion sur le devenir de leur modèle économique en l’orientant vers un commerce de proximité multi-service.

Une stratégie de diversification payante

Vente de jeux de la Française des jeux, prise de paris du PMU, bar et restaurant, vente de journaux, snacking, nouveaux produits destinés aux fumeurs (cigarettes électroniques, dispositifs de tabac chauffé), services bancaires, téléphonie mobile, relais postaux ou encore ventes de billets SNCF… les buralistes accélèrent leur diversification en proposant une myriade de services et de prestations susceptibles de répondre aux attentes du plus grand nombre. Plus récemment, 12 400 buralistes agréés à fin décembre 2021, soit environ un sur deux, expérimentent un service de paiement de proximité permettant aux usagers de régler des amendes, des factures de services publics locaux ou d’impôts inférieurs à 300 euros. Une réussite probante : près de deux millions de factures ont été réglées via ce dispositif d’encaissement.

Cette mutation découle du plan de transformation, conclu en février 2018 entre le ministère de l’Action et des Comptes publics et la Confédération nationale des buralistes, qui vise à faciliter la transformation des points de vente pour mieux répondre aux nouveaux usages des consommateurs. En application de ce plan de transformation, les chambres de commerce et d’industrie et les réseaux des bureaux de tabac ont signé des conventions de partenariat. Ainsi, un buraliste qui souhaite réaliser des travaux dans son commerce pour le rendre plus attrayant doit au préalable faire réaliser un audit global de son activité. L’enjeu de cette étude est d’analyser les spécificités du point de vente, sa zone de chalandise, ses moyens financiers pour définir des axes d’amélioration et les services supplémentaires à apporter à la clientèle. À l'issue de cet audit, le buraliste qui souhaite appliquer l’une des recommandations peut prétendre à une aide financière qui couvre au moins 30 % du montant du projet de transformation du point de vente (plafonnée à 33 000 euros). Accessible aux 24 000 buralistes de France, le plan de transformation est doté d'un fonds de 20 millions d'euros par an sur quatre ans.