En l’espace de deux ans, le couple d’affaires franco-tunisien , Moez et Soraya Zouari, est devenu un acteur majeur du commerce de détail alimentaire français. Forte d’une fortune personnelle estimée à 600 millions d’euros, la famille Zaouri s’est lancée dans une ambitieuse stratégie de croissance externe pour diversifier l’activité de son groupe jusqu’à présent axé sur l’immobilier, la grande distribution et le commerce de proximité.
Après avoir pris le contrôle de la chaîne de magasins de surgelés Picard en 2019 (156 millions d’euros ont ainsi été déboursés pour obtenir 44,5 % du capital), le duo s’est tourné vers le bio pour doper la croissance de son groupe. En juin, la famille a annoncé être entrée en négociations exclusives avec les actionnaires du réseau Bio c’Bon dans le but de prendre une participation majoritaire dans le capital de l’activité France de l’enseigne. Si l’opération se concrétise, la famille Zouari pourrait s’appuyer sur l’expertise du troisième acteur français de la distribution de produits biologiques pour se positionner sur un marché dynamique. De réelles perspectives de développement à saisir, sous réserve de consolider l’activité de l’enseigne Bio c’Bon fragilisée par un exercice 2019 compliqué.
Un second souffle salvateur pour le numéro 3 du bio
Créé en 2008 par Thierry Brissaud, Bio c’Bon est rapidement devenu l’un des leaders du marché avec son réseau de 158 magasins en propre situés en France et à l’international (l’enseigne est présente en Italie, Espagne, Suisse, Belgique et Japon). Avec un chiffre d’affaires de 177 millions d’euros réalisé en 2018 (+18 % en un an), le succès de cette enseigne repose en partie sur son modèle de financement orignal qui lui a permis de se développer très rapidement. En dehors de ses fonds propres et du soutien des établissements bancaires, le réseau s’est également appuyé sur un réseau d’investisseurs particuliers pour financer l’ouverture de nouveaux points de vente. Une stratégie payante mais risquée ; l’enseigne garantit aux investisseurs des rendements sans liquidités et mise essentiellement sur le développement futur de son parc pour consolider l’activité du groupe.
Las, 2019 a marqué un tournant dans la jeune histoire du distributeur de produits biologiques avec un contexte économique et social particulièrement agité qui a impacté la santé financière du groupe. En parallèle, l’environnement concurrentiel tend à s’intensifier sous l’impulsion des acteurs de la grande distribution qui proposent une gamme de plus en plus complète de produits bio. Enfin, les producteurs locaux s’imposent comme une alternative de plus en plus prisée auprès des consommateurs qui recherchent des produits frais de saison. Avec le confinement, la situation financière de l’enseigne s’est aggravée.
Dans ce contexte, l’offre de reprise formulée par la famille Zouari apparaît comme une opportunité idéale pour redynamiser l’activité du groupe. Reconnue pour la qualité de ses produits commercialisés, Bio c’Bon jouit d’une solide réputation auprès d’une clientèle citadine toujours plus exigeante en matière de traçabilité, de qualité nutritionnelle et de diversité des aliments. Pour la famille Zaouri, tout l’enjeu sera de créer des synergies entre ces deux pépites de la distribution alimentaire en vue de répondre aux nouvelles habitudes de consommation des Français.
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